EN ROUGE et NOIR ! "Il y a une foule de livres qu'il faut avoir lus, que je n'ai pas lus, estimant sans doute qu'ils avaient été assez lus sans qu'ils aient besoin que je les lise; pendant ce temps-là, je lisais d'autres livres." (François CARADEC) Et puis, il y a tous ceux que je voudrais lire... Léo http://leoalu. blogspot.com est toujours consultable.
mardi 2 octobre 2012
Géographie de la bêtise, Max MONNEHAY, Seuil, 2012, 226 p.
samedi 29 septembre 2012
Petite table, sois mise, Anne SERRE, Verdier, 2012, 59 p.
(Plus que
coquin et léger... ! bien que !)
Sous une
couverture (de livre !) très pudique se cache un récit qui l’est d’autant
moins, en tout cas dans la première partie de ce très court roman où la
narratrice se sent délicieusement bercée par l’impudeur totale des mœurs et des
fantasmes des membres de la maisonnée : une mère qui vit nue à longueur de
journée, un père incestueux qui sort habillé en femme dès que l’occasion se
présente, des relations très intimes sans aucun tabou dans un débordement de
sexualité... Et puis l’adolescente de 15 ans qui part vivre sa vie parce
qu’elle se sent prête et c’est alors son errance qu’elle nous relate. Il y
aussi cette table au bois ciré qui reflète comme un miroir les amours interdits
et qui nous revient de temps à autre comme un leitmotiv avec un clin d’œil à un
conte de Grimm. Une écriture fine, féminine, très suggestive et sensuelle pour
un public averti et non conformiste.
* Cela m'énerve quand on colle
l'étiquette "érotique" à un récit dont le message ne l'est pas
nécessairement. On dirait que les gens n'y voient que cela et moi j'y ai vu
autre chose... aux lecteurs à voir, à lire, à abandonner ou à fustiger.
L'errance de la seconde partie est plus profonde. C'est vrai qu'il peut être
dérangeant concernant l'éthique familiale et la normalité de la sensualité
mais... l'écriture délicate m'a séduit. En plus, A. Serre a fait très court et
l'on n'a donc pas à approfondir... le sujet que l'on pourrait lire comme un
conte.
Leçons singulières, David ABBOTT, Rivages, 2012, 295 p.
Henry,
homme d’affaires londonien, se voit gentiment prié par ses associés de prendre
sa retraite. Cela l’oblige à prendre du recul sur ce qu’il a été et sur ce
qu’il est. Les flashs-back et les ellipses m’ont gênés dans la construction de
la ligne du temps de la vie d’Henry Cage mais, oui, il y a des leçons :
celles vis-à-vis de son travail et de sa vie professionnelle ; celles d’un
mari, d’un père, d’un grand-père trop absent ; la confrontation avec la
mort, celle de Nessa, son ex-épouse en phase terminale de cancer et celle de
son petit-fils ; les démêlés d’Harry avec la justice… Tout est écrit dans
une atmosphère intime, feutrée, fataliste. Sans être vraiment entré dans le
récit ni m’être identifié au personnage d’Henry alors que nous partageons le
même âge, je me suis laissé simplement porté par le rythme d’une marée dont le
flux était plus souvent à marée basse. C’est un premier roman et mon sentiment
est mitigé.
lundi 24 septembre 2012
Volte-face, Michael CONNELLY, Calmann-lévy, 2012, 434 p.
Suspens !
L’inspecteur
Harry Bosch, personnage fétiche de Connelly, est associé à l’enquête lors de la
révision du procès de Jason Jessup condamné pour le meurtre d’une fillette, 24
ans auparavant. Jessup et son avocat veulent obtenir l’annulation de la
sentence et la déclaration d’innocence de l’accusé. Mickey Haller, brillant
avocat de la défense, se retrouve comme procureur indépendant de l’accusation, assisté
de son ex-épouse procureur. Enquêtes, procédures judiciaires, joutes verbales,
arguties des uns et des autres font de ce roman un excellent récit à suspens. Si
j’avais été déçu par « Les neuf
dragons » qui relatait néanmoins la mort de l’ex-femme de Bosch lors
d’une tuerie en Chine et la récupération de son adolescente de fille, avec
« Volte-face », je me suis
retrouvé scotché du début à la fin ! Génial !
mardi 18 septembre 2012
Les accusées, Charlotte ROGAN, Fleuve noir, 2012, 373 p.
Roman
psychologique américain.
A
la veille de la première guerre mondiale, en 1914, Henry Winter, riche banquier
américain et Grace, sa jeune épouse, embarquent sur le paquebot
« l’Impératrice Alexandra ». A l’instar du Titanic, le paquebot va
couler suite à une avarie en plein milieu de l’Atlantique. Grace se trouvera de
justesse dans une chaloupe avec 39 autres passagers. C’est son odyssée pendant
21 jours, confinée dans le frêle esquif qui manque à tout moment de chavirer au
gré des éléments, que Grace, la narratrice, va nous relater à la manière d’un
journal de bord. Ensuite, viendra l’enquête du tribunal où elle comparaîtra
avec deux autres rescapées accusées d’être responsables de la mort du marin de
la chaloupe. La psychologie très féminine des personnages est intéressante mais
on se lasse parfois des longues descriptions de ses compagnons d’infortune, de
leurs relations et de leurs comportements. J’avoue avoir lu de larges passages
en diagonale, un peu détaché de l’histoire et de ses personnages.
lundi 17 septembre 2012
Prince d’orchestre, Metin ARDITI, Actes Sud, 2012, 373 p.
Tragédie
En
2011, j’avais vraiment beaucoup aimé « Le Turquetto », mais là, avec
« Prince d’orchestre », c’est véritablement un coup de cœur !
Comment ne pas vibrer, frissonner, tressaillir… à la lecture de ce roman qui
relate le destin tragique d’Alexis Kandilis, chef d’orchestre de renommée
internationale, adulé de tous … et puis un « couac » à la 661ème
mesure de la 9ème, et du pinacle, le génie tombe dans l’abîme. Le
roman d’Arditi est réglé comme du papier à musique, orchestré de main de
maître, à la baguette, au tempo respecté et sans fausse note. « Le maestro n’était pas fait pour la musique,
c’est la musique qui était faite pour lui. » Septième ciel, extase et
nirvana.
Inscription à :
Articles (Atom)




