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lundi 31 décembre 2012

ATOM[KA], Franck THILLIEZ, Fleuve noir, 2012, 597 p.



               Thriller scientifique                ♥♥♥

C’est du Thilliez tout craché. Dans la même veine que « Le syndrome E » et de « Gataca », « Atom[ka] » est un thriller au suspens scientifique glacial, avec des chauds et froids. On retrouve, avec bonheur et empathie, le couple Franck Sharko et Lucie Henebelle qui enquêtent sur des victimes d’hypothermies et d’animations suspendues étranges. Mais, les démons du passé remontent à la surface tant pour Franck que pour Lucie. Sans dévoiler quoi que ce soit, on aura vite compris avec le titre que le lecteur va être plongé dans le nucléaire. Haletant comme à chaque fois qu’on ouvre un Thilliez, c’est donc un plaisir de lecture garanti avec une petite touche d’humanitaire qui fait peur. Si je vous dis cryogénisation ? Ça fait froid dans le dos, non ? Coup de cœur !

jeudi 27 décembre 2012

Le dernier Lapon, Olivier TRUC, Métailié, 2012, 453 p.



             Policier.                       ♥♥♥

Très gros coup de cœur pour ce roman rare, original, palpitant, puissant et culturellement très intéressant. Vous connaissez la Laponie, vous ? Kelmet, le Lapon, le sami, et Nina, sa jeune coéquipière, font partie de la Police des rennes, chargée de régler les tensions et les querelles entre les éleveurs. Mattis, un berger éleveur, est retrouvé mort à quelques pas de son gumpi, les oreilles tranchées. Un tambour chaman est volé au centre culturel de Kataukeino. Kelmet et Nina sont chargés par la police locale de résoudre les deux affaires. Au-delà de l’enquête policière, c’est la découverte d’une région à cheval (à renne ?) sur la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie ; d’une civilisation ; d’une culture sami. Si les Lapons restent une « ethnie » protégée, leur existence précaire va s’opposer aux intérêts de tous ceux qui veulent s’approprier les richesses géologiques de cet immense territoire. Puissant !

jeudi 13 décembre 2012

L’hiver du monde, Le siècle 2, Ken FOLLETT, Robert Laffont, 2012, 1000 p.



Un pavé de 1000 pages de presque 1kg pour raconter la période de 1933 à 1949 vue par Follett qui récidive avec sa recette incontournable du schéma narratif : alternance d’améliorations et de dégradations de situations avec les mêmes ingrédients : décors et événements historiques, politique, diplomatie, stratégie, espionnage, vie sociale, petites « sagas » familiales avec leurs bonheurs et malheurs, couples qui se font et se défont, secrets cachés, liaisons, sentiments… dans des milieux sociaux différents qui évoluent à travers les événements de cette période troublée. Pas vraiment un Xème roman sur la guerre mais une vision personnelle sur la démocratie, le communisme, l’antisémitisme, le fascisme, le nazisme, les conservateurs, les travaillistes, les républicains, les démocrates, les socialistes et les grands qui ont fait ou défait l’histoire… bref, un cocktail détonant. Ayant lu tous les romans de Follett, je me permets de signaler ceux qui font partie de mes coups de cœur : « Les lions du Panshir », « Les piliers de la terre », « La marque de Windfield », « Un monde sans fin », « La chute des géants ». Coup de cœur également avec « L’hiver du monde » et vivement le 3ème qui devrait correspondre à ma génération d’après les années 50.

jeudi 29 novembre 2012

Derrière la haine, Barbara ABEL, Fleuve noir, 2012, 316 p.



Thriller psychologique.
Deux couples trentenaires, deux maisons mitoyennes dont les jardins sont séparés par une haie, deux enfants du même âge : tout est là pour que se créent une amitié et une complicité entre les deux couples : on s’invite, on s’entraide, on se considère comme formant une famille jusqu’au jour où… derrière la haie, il y a la haine. Ce qu’on aurait dû faire ou ne pas faire, ce qu’on aurait dû dire ou ne pas dire ; des petites choses qui deviennent rapidement des ressentiments quand un drame surgit et qui deviennent vite des délires, de l’hystérie, de la paranoïa : les accusations, c’est terrible et le cauchemar devient réalité. L’écriture est simple mais le suspens est distillé progressivement comme un poison, avec des petites touches anodines et insignifiantes qui font que l’on sent venir les choses sans vouloir y croire : et c’est terrible ! Suspens sans temps morts et situations qui mettent mal à l’aise... frissons !

dimanche 18 novembre 2012

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël DICKER, Ed. de Fallois, 2012, 267 p.




Prix Académie française 2012 et Goncourt des Lycéens

Nous sommes en 2008. Harry Quebert est un écrivain âgé qui vit en solitaire dans une grande maison isolée d’Aurora, petite ville du New-Hampshire. Son roman « Les origines du mal » a connu un énorme succès trente ans plus tôt mais on retrouve dans sa propriété les restes de Nola, jeune fille de 15ans disparue 33 ans plus tôt. Tout accuse Harry soupçonné d’avoir eu une liaison avec l’ado. Marcus, ami et ancien élève d’Harry, vient de publier un roman à succès mais, à la veille de ses 30 ans, il est en panne d’écriture. Il est persuadé de l’innocence d’Harry et va tenter de le disculper à travers un roman qui devrait devenir un chef-d’œuvre.
Ce ne sont certainement pas les qualités littéraires françaises qui ont tout du style américain qui lui ont fait obtenir les prix, mais sûrement les techniques narratives utilisées : roman à tiroirs, mises en abîme, art du faux semblant, rebondissements incessants, romans dans le roman, personnages captivants… qui font que le thriller de Dicker est remarquable, original, passionnant et impossible à lâcher.