vendredi 22 juillet 2011

ARDITI, Metin, Le Turquetto, Actes Sud, 2011

 
(rentrée littéraire 2011, à paraître à la mi-août 2011)
« Il commença le portrait d’un jeune patricien, le bras gauche en appui sur un bloc de marbre rose, dans un laisser-aller qui lui donnait grande allure. Sa main gauche, vêtue d’un gant, en serrait un autre, très chiffonné, et Elie peindrait ses deux gants emmêlés avec tant de finesse qu’ils sembleraient surgir de la toile. (…) Il signa d’un T dans le coin inférieur droit »  T comme Turquetto ou T comme Le Titien à qui a été attribuée la toile « L’homme au gant » ? Elie Soriano est le petit rat juif qui est né un crayon, une plume, un calame, un charbon… dans la main. Il vit à Constantinople mais « l’artiste » est confronté aux religions tant juive que musulmane qui interdisent de reproduire le monde humain, animal et végétal. Il s’expatrie alors à Venise et il entre, grâce à son talent, dans l’atelier du Titien. Il ouvrira ensuite boutique et les commandes afflueront. Les problèmes vont alors surgir quand la société chrétienne découvrira que c’est un juif, certes converti, qui peint ces admirables œuvres religieuses et ces magnifiques madones à l’enfant. Inconcevable ! Arditi écrit comme Le Turquetto peint et c’est une succession de tableaux vivants confrontés au pouvoir et à la religion. Un très bel opus … captivant !

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