Offert
par un ami, le dernier Vuillard m’a à nouveau enchanté même si le sujet avait
trait à la guerre. Comme pour « La tristesse de la terre » et surtout
« 14 juillet », le style est parfait, le phrasé agréable et le
lexique recherché. Le narrateur est une espèce de témoin oculaire, invisible,
détaché, mais qui connaît la suite des événements. Le 23 février 1933,
vingt-quatre responsables du haut clergé industriel et bancaire de l’Allemagne sont
invités à se retrouver au palais du président de l’Assemblée du Reichstag,
Herman Goering, pour une courte allocution du Chancelier Hitler. Krupp,
Siemens, Opel, BASF, Bayer, Agfa, Allianz, IG Farben… tous diront OUI ! A
savourer !EN ROUGE et NOIR ! "Il y a une foule de livres qu'il faut avoir lus, que je n'ai pas lus, estimant sans doute qu'ils avaient été assez lus sans qu'ils aient besoin que je les lise; pendant ce temps-là, je lisais d'autres livres." (François CARADEC) Et puis, il y a tous ceux que je voudrais lire... Léo http://leoalu. blogspot.com est toujours consultable.
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mercredi 9 août 2017
L’ordre du jour, Eric VUILLARD, Actes Sud, 2017, 150 p.
Offert
par un ami, le dernier Vuillard m’a à nouveau enchanté même si le sujet avait
trait à la guerre. Comme pour « La tristesse de la terre » et surtout
« 14 juillet », le style est parfait, le phrasé agréable et le
lexique recherché. Le narrateur est une espèce de témoin oculaire, invisible,
détaché, mais qui connaît la suite des événements. Le 23 février 1933,
vingt-quatre responsables du haut clergé industriel et bancaire de l’Allemagne sont
invités à se retrouver au palais du président de l’Assemblée du Reichstag,
Herman Goering, pour une courte allocution du Chancelier Hitler. Krupp,
Siemens, Opel, BASF, Bayer, Agfa, Allianz, IG Farben… tous diront OUI ! A
savourer !dimanche 2 octobre 2016
Tristesse de la terre, Eric VUILLARD, Actes sud, 2014, 158 p.
Petit livre qui fait revivre une histoire de Bill
Cody, alias Buffalo Bill, ou comment on devient une légende et un mythe en
créant le fameux Wild West Show en 1882, clou de l’Exposition universelle de
1883 à Chicago. Le show traversera d’ailleurs l’Atlantique. Dans une mise en
scène spectaculaire, Bill Cody se mettait en représentation avec Indiens et
cavalerie qui rejouaient des scènes de bataille dans une longue piste avec
décors, poussière et coups de feu. Ecriture forte et éloquente pour ce récit
qui interpelle le lecteur notamment au niveau de l’extermination des Indiens
d’Amérique.dimanche 28 août 2016
14 juillet, Eric VUILLARD, Actes Sud, 2016, 200 p.
« Il faut écrire
ce qu’on ignore. Au fond, le 14 juillet, on ignore ce qui se produisit. Les
récits que nous en avons sont empesés ou lacunaires. C’est depuis la foule sans
nom qu’il faut envisager les choses. Et l’on doit raconter ce qui n’est pas
écrit. Il faut le supputer du monde, de ce qu’on sait de la taverne ou du
trimard, du fond des poches et du patois des choses, liards froissés, croûtons
de pain. On aperçoit le très grand nombre muet, masse aphasique. » Et
le peuple affamé, spolié, exploité conflue à la Bastille. Le style est concis,
haché, saupoudré de litanies de noms, de sobriquets, de pays, de petits métiers
oubliés… et toujours le terme propre, le mot précis, la phrase ciselée et
sculptée à la fine gouge. Un constat plutôt qu’une prise de position d’un
observateur extérieur. On savoure, on sirote ! Merci l’ami de me l’avoir
mis entre les mains car c’eût été un crime de passer à côté.
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