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mercredi 9 août 2017

L’ordre du jour, Eric VUILLARD, Actes Sud, 2017, 150 p.



Offert par un ami, le dernier Vuillard m’a à nouveau enchanté même si le sujet avait trait à la guerre. Comme pour « La tristesse de la terre » et surtout « 14 juillet », le style est parfait, le phrasé agréable et le lexique recherché. Le narrateur est une espèce de témoin oculaire, invisible, détaché, mais qui connaît la suite des événements. Le 23 février 1933, vingt-quatre responsables du haut clergé industriel et bancaire de l’Allemagne sont invités à se retrouver au palais du président de l’Assemblée du Reichstag, Herman Goering, pour une courte allocution du Chancelier Hitler. Krupp, Siemens, Opel, BASF, Bayer, Agfa, Allianz, IG Farben… tous diront OUI ! A savourer !

dimanche 2 octobre 2016

Tristesse de la terre, Eric VUILLARD, Actes sud, 2014, 158 p.



Petit livre qui fait revivre une histoire de Bill Cody, alias Buffalo Bill, ou comment on devient une légende et un mythe en créant le fameux Wild West Show en 1882, clou de l’Exposition universelle de 1883 à Chicago. Le show traversera d’ailleurs l’Atlantique. Dans une mise en scène spectaculaire, Bill Cody se mettait en représentation avec Indiens et cavalerie qui rejouaient des scènes de bataille dans une longue piste avec décors, poussière et coups de feu. Ecriture forte et éloquente pour ce récit qui interpelle le lecteur notamment au niveau de l’extermination des Indiens d’Amérique.

dimanche 28 août 2016

14 juillet, Eric VUILLARD, Actes Sud, 2016, 200 p.



« Il faut écrire ce qu’on ignore. Au fond, le 14 juillet, on ignore ce qui se produisit. Les récits que nous en avons sont empesés ou lacunaires. C’est depuis la foule sans nom qu’il faut envisager les choses. Et l’on doit raconter ce qui n’est pas écrit. Il faut le supputer du monde, de ce qu’on sait de la taverne ou du trimard, du fond des poches et du patois des choses, liards froissés, croûtons de pain. On aperçoit le très grand nombre muet, masse aphasique. » Et le peuple affamé, spolié, exploité conflue à la Bastille. Le style est concis, haché, saupoudré de litanies de noms, de sobriquets, de pays, de petits métiers oubliés… et toujours le terme propre, le mot précis, la phrase ciselée et sculptée à la fine gouge. Un constat plutôt qu’une prise de position d’un observateur extérieur. On savoure, on sirote ! Merci l’ami de me l’avoir mis entre les mains car c’eût été un crime de passer à côté.