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lundi 29 octobre 2018

Ne m’appelle pas capitaine, Lyonel TROUILLOT, Actes Sud, 2018, 148 p.


Aude est aspirante journaliste par correspondance. Poussée par son oncle, elle décide d’écrire un « papier » sur le « Morne Dédé » en interviewant le « Capitaine », ancien prof d’arts martiaux. Elle, héritière de la grande bourgeoisie, va devoir se faire accepter par les jeunes de ce quartier en déshérence de Port-au-Prince. L’histoire du « Capitaine » lui permettra de se chercher elle-même, de s’identifier face à ces deux mondes. Très beau roman à la belle écriture, poétique, parfois caricaturale mais réaliste : deux mondes opposés qui peuvent se réconcilier !

jeudi 17 mars 2016

Kannjawou, Lyonel TROUILLOT, Actes Sud, 2016, 193 p.



Kannjawou, c’est LA fête, mais c’est aussi un bar réservé aux notables de la ville et aux « représentants gouvernementaux » qui s’y retrouvent pour s’encanailler le mercredi soir, là où travaille Sophonie, une du club des « cinq ». Ce sont 5 jeunes gens qui rêvent d’avenir dans un misérable quartier, rue de l’Enterrement, proche du grand cimetière. 5 jeunes au caractère différent : Sophonie et sa sœur Joëlle ; Wodné, le rebelle, amoureux de Joëlle et les deux frères : Popol et le narrateur. Nous sommes sous l’occupation militaro-humanitaire américaine et celle des ONG planétaires (avant Papa Doc !) Les bas et les hauts quartiers ne se mélangent pas. C’est une espèce de tragédie, une fresque sociale où l’atmosphère fataliste et pessimiste est retranscrite par le narrateur : « Il faut consigner les choses du temps qui passe. Un jour, tu ne seras plus là. Le présent deviendra passé. Et il mourra si personne ne note quelque part ce qui fut et ce qui ne fut pas » dixit man Jeanne. « Quand tu ne sais comment tu vas finir le jour, il n’y a dans ta vie ni hier ni demain, ni rêve ni mémoire. » Mais, en fait, qu’est-ce qu’être ? Très belle écriture qui accapare le lecteur !

samedi 14 septembre 2013

Parabole du failli, Lyonel TROUILLOT, Actes Sud, 2013, 182 p.



       
Cric-Crac ! et le conteur raconte ! Pedro est mort. Pedro s’est suicidé. Alors l’ami de Jacques Pedro Lavelanette, le narrateur, raconte qui était Pedro : le montreur de mots, Quichotte et le baladin des quatre chemins, le théâtreux, le poète et l’artiste maudit, le passeur de phrases, l’homme insaisissable qui partageait un deux pièces avec le narrateur et l’Estropié, ses deux compères de condition modeste. Après le grand plongeon de Pedro, le conservateur du musée, un vieil homme à la voix mielleuse, a ouvert le bal des éloges car « la mort a cette vertu de sanctifier les gens : martyr, héros, génie… C’est fou comme les cadavres inspirent le dithyrambe ! » Un récit empli de poésie : c’est beau, c’est fort, c’est profond !