samedi 20 janvier 2018

Le jour d’avant, Sorj CHALANDON, Grasset, 2017, 326 p.



Liévin 1974 – 2014. « J’allais venger mon oncle, mon frère morts en mineurs ; j’allais venger mon père, mort suicidé en paysan ; j’allais venger ma mère esseulée ; nous laver des houillères, des crapules qui n’avaient jamais payé leurs crimes. » C’est donc à 56/57 ans, après le décès de Cécile, sa femme morte d’un cancer, que Michel Flavent, chauffeur routier, décide de mettre sa vengeance à exécution. Mais qui est vraiment Michel Flavent ? A travers le destin de son personnage, Chalandon fait le procès des houillères et dénonce la condition des mineurs de fond, mais il va nous surprendre avec la seconde partie du roman qui est sincèrement excellente et pleine d’humanité. Un coup de cœur !

mercredi 17 janvier 2018

Vera, Karl GEARY, Payot et Rivages, 2017, 254 p.



Sonny, un ado irlandais de 16 ans, vit dans une famille modeste dans un quartier qui l’est tout autant. Il rencontrera par hasard Véra, une très belle femme qui vit dans les quartiers chic(s) de Dublin. Ce qui est surprenant dans ce roman noir, c’est l’écriture en « tu » déguisé en « je » ou le contraire, un passé simple improbable à la 2ème personne et du discours déguisé en récit ou l’inverse ; tu partageras alors l’intimité et l’amour impossible de Sonny Knolls et de Véra Hatton. Original et accrochant. Un bon moment avec ce premier roman irlandais.

La sorcière, Camilla LÄCKBERG, Actes Sud/Noirs, 2017, 697 p.



J’ai la chance et le plaisir d’avoir lu la série de ces polars suédois mettant en scène Erika Falck, écrivaine, et Patrick Hedström, son mari policier. « La sorcière » est le dixième roman de la série. Polar intimiste : polar parce qu’il y a la découverte du corps d’une enfant de quatre ans au même endroit que celui d’une autre petite fille 30 ans plus tôt ; et intimiste parce qu’on partage la vie du couple et la complicité du commissariat de Tanumshede, voisin de Fjällbacka. Mais « La sorcière », c’est aussi un récit en parallèle : celui de la condition et du sort d’une femme du XVIIe siècle. Sentiments de culpabilité, jalousie, racisme, élans de solidarité, problèmes d’ados paumés, sorcellerie… et aussi la vie d’un couple heureux. Une intrigue très aboutie, un « tourne la page » au suspens prenant même si on en pressent les chutes. « C’est bon et c’est surprenant … comme tout devrait l’être dans la vie ! » Un excellent moment de lecture !