mardi 19 février 2013

Fleur de cimetière, David BELL, Actes Sud, Actes noirs, 2013, 388 p.



                           Suspens psychologique.
Premier roman très concluant de cet écrivain américain. Tom et Abby vivent heureux avec leur fille jusqu’au jour où Catlin, 12 ans, disparaît en promenant son chien. Fugue ? Enlèvement ? La police enquête mais sans résultat. Obstination obsessionnelle pour le père, espèce de déni et refuge dans la religion pour la mère. Et puis quatre ans plus tard, Catlin réapparait et refuse de révéler quoi que ce soit. Syndrome de Stockholm ? Cette espèce de huis clos familial interpelle le lecteur : connaissons-nous vraiment nos enfants ? Palpitant et finement observé, décanté ! J’ai beaucoup aimé !

dimanche 17 février 2013

Kaïken, Jean-Christophe GRANGÉ, Albin Michel , 2012, 472 p.



                                        Thriller.
Impossible de rater le dernier Grangé : la 1ère de couverture vous flashe immédiatement et la 4ème est toujours aussi énigmatique (j’adore !). Par contre, pas de surprise à l’intérieur : quand on ouvre un Grangé, on tombe sur un Grangé. Ça commence par une traque musclée du commandant de la Crim, Olivier Passan à l’encontre de celui qu’on surnomme l’accoucheur ; ce qui lui vaudra des problèmes avec sa hiérarchie. Son divorce avec son épouse japonaise, farouche et mystérieuse, n’arrange pas les choses et une menace plane sur ses deux fils. Autant Passan est fou de japonaiseries et de culture nippone, autant Naako semble vouloir se détacher de ses traditions. « Au Japon, on dit : les fleurs d’hier sont les rêves d’aujourd’hui. Elle (Naako) pouvait ajouter : les fautes d’hier sont les cauchemars d’aujourd’hui. » Action, suspens, psychologie, cultures comparées… font que l’on passe un très bon moment de lecture. Inutile de dire que j’ai lu tous les Grangé et que le plaisir est toujours le même.

lundi 11 février 2013

Montée aux enfers, Percival EVERETT, Actes Sud/Noirs , 2012, 264 p.





                      Polar suspect ?

Ogden Walker est shérif adjoint d’une petite ville du Nouveau Mexique et se lance dans des enquêtes d’assassinats. Je me suis laissé porter par le rythme lent, lancinant des intrigues sans jamais rentrer vraiment dans ce polar. Le style sec, direct, décousu, dépouillé m’ont poussé à aller jusqu’à la dernière page ; mais je ne suis pas certain d’avoir tout compris tant c’est un peu tordu. En fait, je ne suis plus sûr d’avoir lu vraiment ce livre et je me suis sans doute égaré. Alors sceptique et ça m’inquiète parce qu’il ne m’en reste rien !

jeudi 7 février 2013

L’ange du matin, Arni THORARINSSON, Métailié noir , 2012, 310 p.



                    Polar islandais.

Einar est journaliste au « Journal du soir ». Il découvre par hasard le corps d’une jeune factrice, sourde, étranglée avec son écharpe. Quelques jours plus tard, il interviewe un « viking » de la finance qui a participé à l’effondrement de l’économie islandaise. La fille de l’ex-magnat sera kidnappée contre rançon. Einar va enquêter pour le compte de son journal et fera grimper les ventes. « En plus, on a la peinture sans concession d’une société islandaise complètement perdue, déboussolée par le cynisme des banquiers et autres traders qui ont amassé des fortunes, mis le pays à genou, et qui s’en sortent indemnes quand toute la population paie les pots cassés. Une impression d’impunité et d’injustice qui corrompt toute la société, fait tomber les barrières morales, laisse à penser que tout est bon pour s’en sortir et détruit, peu à peu, la solidarité qui cimentait le peuple islandais. (actu-du-noir.over-blog.com) » Tant les intrigues, que le style, l’écriture et les personnages sont irréprochables. C’est fin, spirituel, profond et donc un réel plaisir de découvrir ce polar original agrémenté de citations : « La meilleure manière de tenir parole est de ne rien promettre », « J’affirme que lorsque quelqu’un se retrouve dans une position dominante, il en abusera immanquablement ». Un superbe roman à ne pas rater ! Coup de cœur !

lundi 4 février 2013

Tabou, Casey HILL, Les Escales, 2012, 342 p.



                    Polar irlandais.
Annoncé comme un polar freudien, le roman des Hill (mari et femme) est de facture tout à fait traditionnelle : un/une serial killer, une profileuse américaine émigrée à Dublin, des assassinats rituels, la police scientifique… rien de vraiment original. Et comme dans [Atomka], le dernier Thilliez, les démons du passé ressurgissent pour Reilly Stell, la profileuse (on se répète !). Ce que le polar a de freudien, c’est qu’il fait de rares, trop rares, références à « Totem et tabou » de ce cher Sigmund. Les ellipses brusques, les inférents trop voyants cassent quelque peu la tension sans à proprement parler de suspens. Sans être un thriller « impossible à lâcher », il n’a pas non plus « réveillé en moi les pires peurs » comme annoncé : juste plaisant à lire. Intermède ! Pourrait mieux faire !