Paris
1973, militantisme de gauche. Beyrouth, 1982, en plein conflit libanais. «À l’absurdité de la guerre, nous allions jouer
Antigone d’Anouilh écrasés par les ruines, avec une ouvreuse qui prendrait soin
de nous, qui accueillerait les spectateurs à la porte, les conduirait à leur
place entre les pierres meurtries, les douilles et le verre brisé. »
(p. 183). C’était le vœu le plus cher du metteur en scène Samuel Akounis, grec
et juif, ancien opposant au régime des colonels. Le casting était
terminé : les acteurs seront Druze, Sunnite, Chiite, Chaldéen, catholique
arménien, Maronite, phalangiste… toutes les factions opposées jouant ensemble
la tragédie. Un rêve fou que Samuel, hospitalisé, n’allait pas pouvoir réaliser
et ce sera alors à Georges, l’ami metteur en scène, militant gauchiste, qui lui
promet de monter la pièce. C’est un récit fort, émouvant, violent, rythmé, d’une
écriture fluide en « je », aux personnages entiers dans lequel
l’auteur vous crache au visage toutes les atrocités et les horreurs de la
guerre mais la guerre n’est pas une scène de théâtre. Rappelez-vous en 1983 le
massacre de Sabra et Chatila. Extrêmement prenant et impossible à lâcher :
Chalandon mérite vraiment son prix Goncourt des Lycéens.
EN ROUGE et NOIR ! "Il y a une foule de livres qu'il faut avoir lus, que je n'ai pas lus, estimant sans doute qu'ils avaient été assez lus sans qu'ils aient besoin que je les lise; pendant ce temps-là, je lisais d'autres livres." (François CARADEC) Et puis, il y a tous ceux que je voudrais lire... Léo http://leoalu. blogspot.com est toujours consultable.
mardi 19 novembre 2013
samedi 16 novembre 2013
L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA, Romain PUÉRTOLAS, Le Dikettante, 2013, 253 p.
Le
Fakir Ajatashatru Lavash (prononcez : J’attache
ta charrue, la vache, ou Achète un
chat roux ou encore J’ai un tas de
shorts à trous…) qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage de son village du
Rajasthan à Paris pour acheter le dernier modèle de lit à 15000 clous (le moins
cher pour des nuits piquantes) de chez Ikéa avec un faux billet de 100€ imprimé
seulement d’un seul côté. Ni hilarant, ni désopilant mais un récit drolatique,
amusant, original, rocambolesque, poétique et romantique qui vous fera sourire
tout en vous interpellant sur des sujets plus profonds tels que les conditions
des migrants clandestins africains. Une chose est sûre : vous ne parcourrez
plus les magasins du roi du prêt à meubler sans rire en vous-mêmes en suivant
les flèches jaunes du sol qui vous obligent à passer immanquablement par la cafétéria/restaurant
avant de redescendre enfin à la section vente/libre-service. Alors, bonne lecture
amusante et distrayante. (Actuellement, les ingénieurs d’Ikea
planchent sur un nouveau modèle d’armoire avec wc et kit de survie !)
mercredi 13 novembre 2013
Le livre du roi, Arnaldur INDRIDASON, Métailié, 2013, 355 p.
Intrigue
islandaise
…
ou la quête d’un professeur universitaire spécialiste des sagas et manuscrits
islandais et d’un jeune étudiant. L’Edda
ou Le livre du roi fait partie
du patrimoine culturel islandais et il devait y revenir. Indridason lui fait
vivre une aventure tumultueuse. N’en déplaise aux fidèles lecteurs d’Indridason
dont je fais partie, qui n’ont pas retrouvé les personnages d’Erlandur
Sweinsson ou de Sigurdur Oli, je pense que l’auteur s’est fait plaisir en
rédigeant ce récit d’une autre facture et d’un autre genre qui touche à sa
culture islandaise et bien lui en a pris. Averti par la presse littéraire, je n’ai
pas été surpris et j’ai beaucoup apprécié cette intrigue à rebondissements. Si « Betty »
m’avait mystifié, « Le livre du roi » m’a envoûté.
dimanche 10 novembre 2013
La divine géométrie, Karen ENGELMANN, JC Lattès, 2013, 500 p.
Fin
du XVIIIème, Stockholm, sous le règne de Gustave III de Suède, au temps des
révolutions. « La divine géométrie » est un « éventail »
-le mot est choisi à dessein – de cartomancie et de lames d’un tarot rare basé
sur l’octogone et l’octave, de petits complots, de manœuvres subtiles, de
secrets d’alcôve, de manigances, d’intrigues amoureuses, de mystères, de conspirations
politiques… Ce premier roman sans prétention de Karen Engelmann est très prometteur : léger,
leste, plaisant, frivole, pétillant, malicieux… et sa magie agit très vite sur
le lecteur. Un très bon moment de lecture.
samedi 2 novembre 2013
Des illusions, Magnus MONTELIUS, JC Lattès, 2013, 396 p.
(Meilleur
1er roman policier 2011 en Suède)
Où
journalisme d’investigation et sûreté de l’Etat ne font pas toujours bon ménage !
Stockholm 1990. Un homme fait une chute mortelle du haut d’une falaise. Il a
sur lui un passeport albanais. La police conclut à un suicide ou à un accident
compte tenu que l’homme n’est pas connu des autorités albanaises. Mais, l’opiniâtreté
du journaliste Tobias Meijtens, quelque peu désabusé par le métier, va
permettre de dévoiler la véritable identité du mystérieux Albanais qui n’est
autre qu’un sujet suédois disparu depuis 25 ans et considéré comme un espion à
la solde de l’URSS par la Sûreté et le contrespionnage suédois. C’est une
plongée dans le contexte politique suédois des années 60 et 70 et la naissance
des groupuscules gauchistes et communistes. « Des illusions » est une enquête intelligente, un travail
minutieux et patient de Tobias aidé de Natalie Petrini, consistant à interroger
systématiquement les anciens témoins et protagonistes de l’époque et à recouper
les différentes sources. Intelligent et bien construit ce « roman de la
trahison » est un « polar » très agréable à lire.
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