jeudi 12 avril 2012

MEYER, Deon, A la trace, Policiers Seuil, 2012, 720 p.




                  Thriller sud africain

Afrique du Sud 2009. Le récit se compose de quatre parties qui reprennent les aventures ou plutôt les mésaventures de quatre personnages. Milla Strachan, en pleine crise de couple, est embauchée par l’Agence de Renseignements Présidentielle. Lemmer est une espèce de bodyguard aventurier qui sera chargé d’escorter un camion qui doit exporter deux rhinocéros noirs du Zimbabwe. Lukas Becker, un archéologue véreux, va tenter de récupérer par tous les moyens l’argent que des extrémistes islamistes lui ont volé et Mat Joubert, ancien flic devenu privé, enquête sur la disparition d’un citoyen soi-disant au-dessus de tout soupçon. Il ne faut pas être devin pour se dire que tout va se relier. « A la trace » est un thriller au suspens haletant où les différents protagonistes sont confrontés à la violence des gangs islamistes qui contrôlent toute la région du Cap. Chez Deon Meyer, il n’y a jamais de chute de tension : c’est action/réaction avec flux d’adrénaline. Très bon thriller dépaysant.

samedi 7 avril 2012

THEORIN, Johan, Le sang des pierres, Albin Michel, 2011, 426 p.


Roman socio-psychologique suédois

« Le sang des pierres » n’est ni un polar et encore moins un thriller, c’est un roman teinté de gris plutôt que noir et surtout un roman d’atmosphère qui se déroule dans la petite île suédoise d’Öland. Si quelques chapitres seulement sont empreints non pas de suspens mais de tension ; on se laisse envoûter par les personnages, leur vie, leur passé et par cette île aux landes baignées de poésie et de légendes elfiques. Ce fut un très agréable moment de lecture.
 

mardi 3 avril 2012

MIÉVILLE, China, The City & the City, Fleuve noir, 2011, 391 p.


                         Polar d’anticipation

« The City & the City » est d’abord un polar qui respecte les règles conventionnelles du genre : un cadavre, un policier, une enquête. La découverte du corps d’une jeune fille amène Tyado Borlù, inspecteur de la brigade des crimes extrêmes à mener une enquête d’autant plus difficile qu’elle doit se plier à des règles qui, elles, ne sont pas conventionnelles. Nous sommes en effet dans un futur proche et l’intrigue se déroule dans deux villes d’Europe de l’Est, Beszel et Ul Qoma, non pas accolées l’une à l’autre, non pas enclavées mais inextricablement imbriquées l’une dans l’autre avec des langues, des gouvernements, des devises, des coutumes… différentes. Pas question pour l’habitant de l’une et de l’autre d’échanger : chacun doit éviser (éviter de voir et de regarder), inouïr et insentir ce qui touche l’autre ville sous peine de « rompre » et de disparaître car La Rupture, espèce de puissance supranationale, veille, surveille et sévit. Le lecteur aura besoin d’un certain temps d’adaptation pour assimiler les lois de ce milieu proche mais tellement différent de notre réalité. C’est un roman noir dans une atmosphère qui se décline dans les tons gris et noirs et où la crainte de violer les règles est partout présente. Après un temps d’incompréhension, on entre totalement dans cette intrigue extrêmement bien ficelée. A découvrir !

jeudi 29 mars 2012

GRANGÉ, Jean-Christophe, Le passager, Albin Michel, 2011, 750 p.


                             Polar thriller

Un psychiatre, un cadavre humain à tête de taureau de combat, une capitaine de la crime qui va mener l’enquête tambour battant en poursuivant un suspect à travers le sud de la France – espèce de road movie solitaire – et puis Paris et La Rochelle. On tombe alors dans des cas qui relèvent de la psychiatrie : amnésie fugitive, syndrome du voyageur sans bagage, troubles de la personnalité et dans des meurtres rituels touchant à la mythologie grecque : le Minotaure, Icare, Ouranos, Orphée et Eurydice… Et puis, il y a cette 4ème de couverture qui résume parfaitement l’esprit du thriller : « Je suis l’ombre. Je suis la proie. Je suis le tueur. Je suis la cible. Pour m’en sortir, une seule option : fuir l’autre. Mais si l’autre est moi-même ? » Avec Grangé, on est sûr de ne pas s’ennuyer : l’action est partout présente sans laisser le lecteur respirer, pas de répit et une intrigue implacable qui ne permet jamais d’anticiper. Bref, 750 pages à bout de souffle !

samedi 24 mars 2012

DERRIERE, Auguste, Les fourmis n’aiment pas le Flamenco, Le Castor Astral, 2011



                        Humour

Sorte de petit ana où maximes, dictons, aphorismes, jeux de mots, affiches publicitaires et articles détournés, humour déjanté et surréaliste… vous feront sourire. A feuilleter quand on se sent maussade !
Un aperçu ?
* Un petit mystère s’appelle un ministère 
* La vieille partouze caucasienne s’appelle aussi « l’âgée orgie »
* En hiver, les durs de la feuille sont « oreillons surgelés »
* La religion, c’est aussi évident que Dieu et Dieu font quatre »
* Le roi de la brièveté est surnommé « Sire Concision »
* Ne dites pas « L’argent me dégoûte » mais « Le pèze m’écoeure »
* Un couillon qui est contre le préservatif est un « con d’homme »
* Mieux vaut un papa au rhum qu’un gâteux sec »
Et la dernière qui me semble d’actualité :
* Qui a un parachute doré se prépare à un atterrissage de fortune »
Bonne lecture !

jeudi 22 mars 2012

ADLER-OLSEN, Jussi, Miséricorde, Albin Michel, 2011, 489 p.


             Polar noir danois

« Miséricorde » est un récit en alternance, à deux voix.
La première est celle de Merete Lyyngaard, vice présidente du parti démocrate, qui est enlevée et séquestrée dans une espèce de container/caisson de compression-décompression. Cette voix va décrire la torture physique et morale qu’elle va subir de 2002 à 2007.
La seconde est celle d’un policier de la brigade criminelle, Carl Mørk, qui revient au commissariat après s’être remis d’une balle à la tempe. Mal accueilli par ses collègues à cause de son caractère exécrable, il sera relégué comme chef d’un nouveau service « le département V » chargé de récupérer d’anciennes enquêtes non élucidées et abandonnées. On lui adjoindra Hafez el Hassad, un homme à tout faire syrien qui n’est même pas policier. Les deux comparses vont rouvrir le dossier (bâclé) de Merete considérée comme morte noyée. Grâce à leur pugnacité et à leur perspicacité, ils vont découvrir de nouveaux indices et se lancer dans de nouvelles pistes. C’est un polar qui pose des regards sur la société et sur les relations des uns et des autres et c’est plus de la tension que du suspens que l’on ressent : on y entre progressivement et puis on s’y accroche vraiment. Très agréable à découvrir !

dimanche 18 mars 2012

MOSBY, Steve, Les fleurs de l’ombre, Sonatine, 2012, 352 p.


                    Thriller-noir

Christopher Dawson, écrivain, est obsédé par le roman « La fleur d’ombre » de son ami Robert Wiseman disparu mystérieusement. « Ce n’est pas l’histoire d’une petite fille qui disparaît mais celle d’une petite fille qui apparaît… » Christopher sera retrouvé la moitié du corps immergée au pied d’un viaduc. Suicide ? mais pourquoi ? Son fils Neil va tenter de retracer l’histoire des derniers jours de la vie de son père et il tombe sur le fameux roman. Quant à Hanna Price, inspecteur de police, elle recherche la vérité sur ses origines floues et sur son père. L’intrigue est une espèce de puzzle entre fiction et réalité, de mise en abyme avec une alternance de narrateurs. L’intrigue est tout à fait originale et le suspens est progressif. C’est un roman dans un roman et c’est comme si les personnages du roman avaient pris vie et venaient punir leur auteur mais les personnages n’avaient pas pris vie, ils étaient déjà vivants. Un bon moment de lecture.