jeudi 10 juillet 2014

La malédiction du bandit moustachu, Irina TEODORESCU, Gaïa, 2014, 150 p.



(1er roman, rentrée littéraire, parution août 2014)

Quelque part dans un pays de l’Est, début du XXè siècle, Gheorghe Marinescu, petit bourgeois, laisse mourir de faim et de soif dans sa cave le bandit moustachu qui prend aux riches pour donner aux pauvres. Gheorghe s’empare ainsi du butin du bandit mais ce dernier, dans son dernier souffle, maudit Gheorghe et tous ses descendants jusqu’en l’an 2000. Et de fait, Gheorghe ne profitera pas longtemps de sa fortune indûment acquise, quant à ses descendants… ! Ce premier roman sous forme de saga familiale est très bien construit, dans une langue (l’auteure écrit en français) et un style clairs et enjoués avec des dialogues dans le texte qui collent aux personnages. Ce fut et ce sera sans doute pour vous, un petit régal de lecteur.

samedi 5 juillet 2014

L’emprise, Marc DUGAIN, Gallimard, 2014, 314 p.



« L’emprise » est une fiction politique pas bien loin de la réalité ou plutôt la réalité romancée ! Tous les moyens sont bons et la fin justifie les moyens pour qui veut accéder au pouvoir : amitiés troubles, fourberies, promesses en l’air, menaces, chantage, corruption, prévarication, concussion, collusion, vénalité, attaque sur la vie privée, dessous de table… tout en sachant que les dessous des politiciens ne sont jamais très propres. Qui a dit déjà « Le pouvoir corrompt, le pouvoir corrompt terriblement » ? L’argent appelle le pouvoir et le pouvoir l’argent ! Le style de l’auteur est agréable, l’écriture efficace et souvent incisive mais l’intrigue m’a laissé sur ma faim. La politique est un sujet qui ne m’intéresse pas vraiment mais le récit était certes agréable à lire sans être toutefois passionnant.

dimanche 29 juin 2014

La femme sans tête, Viviane MOORE , 10/18, 2014, 296 p.



Paris 1581, quelques années après la Saint-Barthélemy, des cadavres de prostituées inquiètent le guet et la police. Jean de Moncel, commissaire au Chatelet, enquête et parvient à découvrir les « parties fines » organisées pour les grands et les nobles. D’un autre côté, il y a Théophraste Le Noir, médecin et alchimiste, et sa fille Sybille qu’il séquestre avec son gré pour la protéger et l’instruire de ses travaux. Mais, derrière tout cela, il y a la haine et la vengeance des uns et des autres. C’est un roman historique à la Barde Caduçon , agréable et distrayant.

vendredi 27 juin 2014

Le garçon en pyjama rayé, John BOYNE , Gallimard Jeunesse, Folio Junior, 2007, 203 p.



Il me semble impensable de vous dévoiler cette « fable » tellement réaliste et émouvante racontée par Boyne à travers les yeux de Bruno, enfant de 9 ans qui explore un monde qu’il ne peut pas découvrir ni comprendre mais que le lecteur adulte connaît malheureusement. C’est un sujet délicat raconté avec pudeur et tout en finesse ; c’est superbement construit. Pour ados et adultes. Remarquable ! A lire absolument !

mercredi 25 juin 2014

Le justicier d’Athènes, Petros MARKARIS , Policiers Seuil, 2014, 328 p.



Dans ce deuxième volet de « La trilogie de la crise », le commissaire Kostas Charitos enquête sur le cadavre d’un chirurgien renommé, mort d’une piqûre de cigüe et retrouvé dans un cimetière antique. Un PN, percepteur national anonyme et autoproclamé revendique le meurtre pour impôts non payés. On découvre alors un deuxième cadavre mort dans les mêmes circonstances et les caisses du fisc se renflouent tout à coup. D’autres riches fraudeurs sont menacés et passent à la caisse. Tandis que le gouvernement s’affole, le PN devient un héros pour le peuple. Markaris dépeint sans concession la Grèce de 2011 en pleine crise économique, la condition des travailleurs, les grèves, les manifestations, les magouilles politiques, la corruption, la fraude fiscale, les suicides par dépit… « L’Etat grec est la seule mafia au monde qui ait réussi à faire faillite ». Agréable et instructif !