mardi 30 septembre 2014

Le liseur du 6h27, Jean-Paul DIDIERLAURENT, Au Diable Vauvert, 2014, 218 p.



J’avais lu le commentaire de Gé, ma libraire, et puis le livre a échoué par hasard dans mes mains. Dans beaucoup de contes, il ya un monstre : ogre, loup, dragon, sorcière … mais dans le monde de Guylain Vignolles, alias Vilain Guignol, il s’agit de la Zerstor, le méchant pilon broyeur de livres invendus des éditeurs. Guylain, en fin de journée, parvient à s’accaparer de quelques feuillets sauvés du monstre destructeur pour les lire aux usagers du 6h27 et aux…  Le « liseur » est une pure jouissance pour le « lecteur », un vrai moment de bonheur, de merveilleux et de poésie qui, en plus, se termine en happy end, les yeux tout embués. Original et tout simplement génial ! Ah ! que ce livre fait du bien !

Méchant loup, Nele NEUHAUS, Actes Sud/Noirs, 2014, 403 p.



Un nectar de polar/thriller au scénar à la suédoise en mode allemand extrêmement bien ficelé comme un rôti à la sauce bien liée : un prologue en apéro ; des chapitres courts avec changement de décors, de personnages, de temps toutes les deux ou trois pages ; des enquêtes qui se bousculent, se rejoignent et se superposent, des êtres qui ont une vie personnelle et familiale mêlée à leur vie professionnelle… le tout savamment dosé pour créer un suspens progressivement haletant. On retrouve avec bonheur le duo Oliver von Bodenstein/ Pia Kirchoff des trois précédents ( « Flétrissure », « Blanche-Neige doit mourir » et « Vent de sang ») plongé, dans ce 4ème opus, dans l’univers nauséabond de la pédophilie des haut-placés de la société. Une perfection de roman qu’on ne peut déflorer, juste savourer… avec un Muscadet de Sèvre et Maine.

mercredi 24 septembre 2014

Mr Gwin, Alessandro BARICCO, Gallimard, 2014, 184 p.



Jasper Gwin est écrivain et après l’honnête succès de ses trois premiers romans, il décide d’écrire la liste des 52 choses qu’il ne veut plus faire. La dernière est de ne plus jamais écrire de roman au grand dam de son ami agent. Il est alors déterminé à être copiste, c’est-à-dire à « écrire » le portrait des gens. C’est original, c’est beau, c’est poétique, c’est expressionniste… dans une très agréable écriture (même s’il s’agit d’une traduction !). Véritable plongeon dans un rêve où les lumières s’éteignent une à une et un réel plaisir de retrouver l’auteur de « Soie »

Ps. J’adore le dessin linéaire tout en courbes du visage de la couverture, tel(le) une calligraphie picturale.

lundi 22 septembre 2014

L’équation de plein été, Keigo HIGASHINO, Actes Sud/Noirs, 2014, 365 p.



Hari plage, la société nationale d’exploitation minière sous-marine, un groupe d’écolos qui craignent pour leur mer, un client de l’auberge retrouvé mort au pied de la digue, un physicien et un gamin de 10 ans… ce sont là les ingrédients de ce polar nippon. On retrouve également les personnages récurrents de l’auteur : le professeur Yukawa et son ami le policier Kusagani. Même si l’on se perd dans les lieux et les noms des nombreux personnages aux consonances japonaises, le récit est rondement mené et l’intrigue bien ficelée. Un bon moment de lecture.

L’affaire Collini, Ferdinand von SCHIRACH, Gallimard, 2014, 146 p.



Quand le passé rattrape le présent ! Hans Meyer, personnalité allemande et grand industriel est assassiné par Fabrizio Collini. S’il n’y a aucun doute concernant le meurtrier, tout le monde recherche le mobile. Collini se tait mais Leinen, son avocat, va enquêter dans le passé de Meyer et trouver le mobile du crime à force de sagacité. C’est une espèce de chronique judiciaire, un récit court mais une écriture efficace.

vendredi 12 septembre 2014

Les larmes de Pancrace, MALLOCK, Fleuve noir, 2014, 463 p.



C’est la 4ème enquête du commissaire Amédée Mallock (et ma 1ère). Jean de Renom, propriétaire d’un grand cru classé du Bordelais est retrouvé mort, tué par balle, dans son château. Tout accuse Camille, son épouse. Mallock, en vacances, va assister son ami Gilles, commissaire à Bordeaux. Mallock, au fil de son enquête, va découvrir que d’autres drames entachent le nom des Renom et des Corneille. Un polar français (enfin) avec des allers-retours présent passé, des crimes par noyade, par empoisonnement ou par sabre, une malédiction de 700 ans (encore une histoire de Templiers !), un comte emprisonné depuis 30 ans qui se dit innocent, une députée nationale arrogante et arriviste… bref, un très bon polar teinté du sang de la vigne, à la belle écriture, aux jolies métaphores et aux nombreux rebondissements. On dévore jusqu’à plus faim !